La série HD 600 de Sennheiser est l'une des dynasties les plus respectées de l'histoire des casques audiophiles. Le HD 600 lancé en 1997, le HD 650 en 2003, le HD 660S en 2017 — chaque itération a raffiné une proposition fondamentale : des graves contrôlés, des médiums riches et expressifs, des aigus non agressifs, le tout dans un format ouvert fabriqué en Irlande. Le Sennheiser HD 660S2, sorti début 2023, représente la dernière évolution de cette lignée. La promesse centrale : plus de basses sub-profondes grâce à une nouvelle bobine mobile en aluminium et une impédance portée à 300 ohms — des changements qui redessinent la signature de la série d'une façon plus intéressante que le résumé marketing ne le suggère. Ce test complet, après plusieurs semaines d'écoute intensive sur différentes sources, vous dit ce que ce casque fait vraiment, ce qu'il ne fait pas, et pour qui il est réellement taillé.

Sennheiser HD 660S2 - Casque Audiophile

Fiche technique du Sennheiser HD 660S2

Le HD 660S2 est un casque circum-auriculaire ouvert, filaire, fabriqué à la main en Irlande et conçu en Allemagne. Ses transducteurs dynamiques mesurent 38 mm avec une bobine mobile en aluminium ultra-légère et un système d'aimant ventilé. La réponse en fréquence s'étend de 8 à 41 500 Hz. L'impédance nominale est de 300 ohms, la sensibilité de 104 dB SPL (1V) et le taux de distorsion harmonique inférieur à 0,04 % à 1 kHz/100 dB. Le poids est de 260 grammes. Le casque est livré avec deux câbles détachables de 1,8 m — un asymétrique jack 6,35 mm et un symétrique Pentaconn 4,4 mm — et un adaptateur 3,5 mm. Les coussinets circum-auriculaires en velours sont remplaçables. Un sac de transport souple est inclus.

Design et construction : la continuité noble de la série HD 600

L'esthétique intemporelle de la gamme

Le Sennheiser HD 660S2 ressemble au HD 660S, au HD 600 et au HD 650 — et c'est délibéré. Sennheiser n'a pas cherché à moderniser ce design qui fonctionne depuis 1997 : grilles en mailles d'acier sur les faces externes des oreillettes, plastique léger pour le châssis, coussinets velours discrets. L'ensemble est sobre, professionnel, intemporel. Il n'impressionne pas dans la vitrine d'un magasin mais inspire confiance sur la durée. La qualité de fabrication irlandaise est perceptible aux assemblages soignés et à l'absence de jeu entre les pièces.

Les oreillettes pivotent sur leur axe pour s'adapter à n'importe quelle morphologie. Le mécanisme d'ajustement de hauteur est précis, avec des incréments définis. Le casque se plie légèrement pour le rangement, sans atteindre le format compact d'un casque de voyage. Le sac de transport souple fourni protège des rayures mais pas des chocs — une étui rigide serait souhaitable à ce prix.

Le câble Pentaconn 4,4 mm : l'argument professionnel

L'inclusion d'un câble symétrique Pentaconn 4,4 mm dans la boîte du HD 660S2 est un signal clair sur le public visé. La connexion 4,4 mm symétrique est présente sur les DAC/ampli casque haut de gamme (FiiO K7, iFi Zen CAN, Chord Mojo 2) et certains baladeurs audiophiles premium. Ce câble permet d'exploiter la sortie symétrique de ces appareils, qui offre théoriquement une puissance doublée et un bruit de fond réduit par rapport à l'asymétrique. Sa présence dans la boîte — une rareté dans cette gamme — indique que Sennheiser pense ce casque pour des systèmes d'écoute dédiés.

La connexion mini-jack sur les oreillettes : la friction quotidienne

Le HD 660S2 utilise des connecteurs mini-jack propriétaires sur chaque oreillette pour le câble bilatéral. Cette conception, héritée de toute la série HD 600, est souvent citée comme le point de friction quotidien du casque : les deux petits connecteurs demandent une attention visuelle à chaque branchement, et plusieurs utilisateurs rapportent avoir besoin de plusieurs tentatives avant de les engager correctement. Ce n'est pas un défaut rédhibitoire, mais c'est une irritation récurrente à signaler à l'acheteur potentiel.

Sennheiser HD 660S2 - La connexion mini-jack sur les oreillettes

Confort : l'excellence au long cours

Le velours et le bandeau auto-ajustable

La série HD 600 de Sennheiser a une réputation de confort exceptionnelle, et le HD 660S2 ne fait pas exception. Les coussinets en velours circum-auriculaires enveloppent l'oreille sans la comprimer, et respirent nettement mieux que le simili-cuir lors des sessions prolongées. L'arceau auto-ajustable distribue le poids sans point de pression localisé. Le résultat, pour la grande majorité des morphologies, est un casque qu'on oublie après quelques minutes — un confort de travail optimal pour des sessions de trois, quatre, cinq heures consécutives.

La pression latérale du HD 660S2 est un peu plus marquée à l'état neuf que ce à quoi les utilisateurs de la série sont habitués — plusieurs testeurs signalent une sensation de serrage lors des premières heures de port qui s'atténue avec le rodage. Elle peut être accélérée en écartant doucement l'arceau ou en laissant le casque étiré sur un support. Une fois le casque rodé, la pression est précisément celle qu'il faut pour maintenir le bon positionnement acoustique des oreillettes — pas plus.

Qualité sonore du HD 660S2 : la promesse des sub-graves tenue

La bobine aluminium et les 300 ohms : pourquoi ce choix

La différence principale entre le HD 660S2 et son prédécesseur le HD 660S est acoustiquement précise : la nouvelle bobine mobile en aluminium ultra-légère permet une réponse impulsionnelle plus rapide et une extension en fréquence vers les sub-graves plus profonde. Sennheiser annonce que le HD 660S2 double la pression sonore dans les octaves les plus basses par rapport au 660S — soit +3 dB dans les sub-graves, une différence audible et réelle. L'impédance passe de 150 à 300 ohms avec cette nouvelle bobine, ce qui est contre-intuitif : en général, une impédance plus haute rend un casque plus difficile à alimenter. Mais ici, la sensibilité de 104 dB/V compense : le HD 660S2 est étonnamment plus facile à driver que son impédance ne le suggère.

La signature sonore Sennheiser dans sa forme la plus aboutie

La signature du Sennheiser HD 660S2 est celle de la série HD 600 dans sa version la plus récente et la plus affinée — ce qu'on appelle souvent le « son Sennheiser » ou la « voix de velours » de la marque. Les médiums sont extraordinaires : riches, expressifs, naturels, avec une présence vocale qui surpasse presque tout ce qui existe dans cette gamme de prix. Les voix de Norah Jones, les cordes d'un quatuor, une guitare acoustique bien enregistrée — tout cela passe avec une réalité et une fluidité qui justifient la réputation de la gamme.

Les aigus sont précis et présents sans jamais agresser l'oreille — le contraire exact des aigus brillants du Beyerdynamic DT 990 Pro. La fatigue auditive sur de longues sessions est quasi-inexistante, ce qui est particulièrement apprécié en écoute musicale de plusieurs heures. Les basses sub-profondes du HD 660S2 sont effectivement plus présentes et plus étendues que sur le HD 660S — on peut réellement percevoir la note la plus basse d'un piano (27,5 Hz) sur un enregistrement haute résolution avec un bon amplificateur. En revanche, le punch et l'impact des basses restent ceux d'un casque ouvert — contrôlés, précis, sans le slam physique d'un casque fermé.

Sennheiser HD 660S2 - Fréquence 8 à 41 500 Hz

La scène sonore : large et naturelle, pas artificielle

La conception ouverte du HD 660S2 donne une scène sonore large et aérée, avec une sensation que le son vient de l'espace autour de vous plutôt que d'être généré directement dans les oreilles. Cette qualité, combinée à la précision des médiums, rend le casque particulièrement adapté aux enregistrements binauraux et spatialisés — plusieurs utilisateurs signalent que des albums mixés pour ce format (comme « Oxymore » de Jean-Michel Jarre) prennent une dimension totalement nouvelle sur le HD 660S2. La scène est cependant perçue comme légèrement plus intime que celle d'un AKG K702 ou d'un Beyerdynamic DT 990 Pro — elle est plus précise et plus réaliste, moins artificielle dans son ouverture.

Les 300 ohms et l'amplification : la nuance essentielle

Plus drivable qu'il n'y paraît

La question de l'amplification est centrale pour le HD 660S2 et mérite une réponse précise. À 300 ohms d'impédance, le casque semble intimidant sur le papier. En pratique, la sensibilité de 104 dB/V est élevée pour cette impédance, et le casque fonctionne à un volume confortable depuis un ordinateur portable standard. Mais — et c'est important — « fonctionner » et « révéler son plein potentiel » sont deux choses différentes. La dynamique, le contrôle des sub-graves et la résolution du détail s'améliorent très significativement avec une source de qualité.

Pour le home studio ou l'écoute audiophile sérieuse, un DAC/ampli casque d'entrée de gamme (FiiO K3, JDS Labs Atom) suffit à révéler les qualités du HD 660S2. Pour une configuration symétrique via le câble Pentaconn 4,4 mm, un FiiO K7 (~200€) ou un iFi Zen CAN (~200€) est le partenaire logique. Pour ceux qui possèdent un ampli HiFi stéréo, le HD 660S2 se branche directement sur la sortie casque via l'adaptateur 3,5 mm fourni et révèle souvent des performances remarquables — en particulier sur les amplis à tubes, combinaison que plusieurs audiophiles citent comme une révélation.

Sennheiser HD 660S2 - Casque Audiophile 4.jpg

HD 660S2 vs ses concurrents directs

HD 660S2 vs Sennheiser HD 600

Le HD 600 (~300€) est la référence absolue de la gamme depuis 1997, et la comparaison est incontournable. Le HD 600 a une signature plus neutre, plus plate dans les sub-graves, avec des médiums encore légèrement plus analytiques. Le HD 660S2 est plus « musical » : plus d'extension dans les graves, légèrement plus chaleureux. Pour le mixage et le mastering studio strict, le HD 600 garde une légitimité absolue. Pour l'écoute musicale audiophile où l'émotion compte autant que l'analyse, le HD 660S2 est souvent perçu comme le step suivant de la gamme.

HD 660S2 vs Sennheiser HD 650

Le HD 650 (~350€) est le casque « chaud et dense » de la gamme — signature un peu plus sombre, basses plus présentes, médiums légèrement plus en retrait. Le HD 660S2 est globalement plus aéré et plus précis dans les aigus tout en ajoutant de l'extension sub-grave. Le 650 reste apprécié par les utilisateurs qui cherchent une écoute intimiste et enveloppante. Le 660S2 vise ceux qui veulent combiner cette chaleur avec plus de clarté et d'extension.

HD 660S2 vs AKG K702

L'AKG K702 (~140€) est presque trois fois moins cher. La comparaison est quand même instructive : le K702 a une scène sonore potentiellement plus large et des aigus plus détaillés, mais manque de chaleur et de corps dans les médiums. Le HD 660S2 est plus musical, plus expressif dans le registre vocal, plus étendu dans les sub-graves. La différence de prix justifie-t-elle celle de qualité ? Pour un audiophile qui écoute de la musique vocale, du jazz ou du classique pendant des heures, oui. Pour un home studio cherchant un outil analytique, le K702 offre 85 % du résultat à 30 % du prix.

HD 660S2 vs Beyerdynamic DT 990 Pro 250 Ohm

Le DT 990 Pro 250 Ohm (~148€) est à l'opposé du spectre des signatures sonores : aigus très brillants, basses énergiques, en V prononcé. Le HD 660S2 est plus neutre, plus chaud, moins fatigant sur la durée. Les deux sont ouverts mais diffèrent fondamentalement dans leur philosophie : le DT 990 Pro excite et stimule, le HD 660S2 enveloppe et convainc. Le DT 990 Pro plaira à ceux qui aiment l'énergie et la scène large ; le HD 660S2 plaira à ceux qui cherchent la vérité musicale et la non-fatigue.

HD 660S2 vs OLLO Audio S4X

L'OLLO S4X est dans la même gamme de prix et se positionne différemment : conçu pour le studio et la calibration analytique, avec son plug-in USC individuel. Le HD 660S2 est plus orienté écoute musicale audiophile — plus chaud, plus musical, moins chirurgical. Le S4X gagne sur la précision de calibration et la traduction des mix ; le HD 660S2 gagne sur le plaisir d'écoute longue durée et l'expressivité des médiums.

Pour qui est fait le HD 660S2 ?

Le profil d'acheteur idéal

Le Sennheiser HD 660S2 est fait pour l'audiophile qui écoute de la musique pour le plaisir — de préférence de la musique bien enregistrée, du jazz, de la musique classique, de la musique acoustique, du rock audiophile, du folk. Il est fait pour celui qui veut un casque qu'on porte pendant trois heures d'affilée sans douleur ni fatigue, qui ne cherche pas l'excitation artificielle des boosts de basses ou d'aigus, et qui a conscience que l'investissement dans une bonne source d'amplification est partie intégrante de l'expérience. Il s'intègre parfaitement dans un système hi-fi existant via la sortie casque d'un ampli stéréo de qualité.

À qui il ne convient pas

Le HD 660S2 n'est pas le casque qu'on branche sur un smartphone pour écouter du hip-hop dans le métro. Ce serait à la fois inutile (le smartphone ne l'alimentera pas correctement) et inadapté à l'usage (casque ouvert, fuites importantes). Pour le gaming, sa signature neutre et sa scène sonore précise fonctionnent bien, mais il manque le punch des basses qui rend l'expérience « fun ». Pour le mixage et le mastering strict, son caractère légèrement chaud dans les médiums peut induire des décisions incorrectes — le HD 600 ou un casque à signature plus plate lui est préférable dans ce contexte.

Questions fréquentes sur le Sennheiser HD 660S2

Quelle est la différence entre le HD 660S et le HD 660S2 ?

Le changement principal est la nouvelle bobine mobile en aluminium ultra-légère, qui porte l'impédance de 150 à 300 ohms et double la pression sonore dans les octaves les plus basses. Le HD 660S2 est donc plus étendu dans les sub-graves. La sensibilité plus haute (104 dB/V) compense l'impédance plus élevée et le rend étonnamment plus facile à driver que le HD 660S sur la plupart des sources. La signature générale reste dans l'ADN de la série, avec plus de profondeur grave.

Le HD 660S2 fonctionne-t-il sans ampli dédié ?

Il fonctionne depuis un ordinateur portable ou une interface audio basique — la sensibilité de 104 dB/V permet d'atteindre un volume confortable. Mais son plein potentiel — dynamique, contrôle des sub-graves, résolution du détail — n'est révélé qu'avec une source de qualité. Un ampli casque à partir de 100-150€ (FiiO K3, JDS Atom) change significativement l'expérience. Sur ampli hi-fi stéréo de qualité via sortie casque, il peut donner le meilleur de lui-même.

Le câble Pentaconn 4,4 mm symétrique fait-il une vraie différence ?

La connexion symétrique offre théoriquement une puissance doublée et un plancher de bruit réduit par rapport à l'asymétrique. En pratique, sur un bon ampli symétrique (FiiO K7, iFi Zen CAN), on perçoit plus de contrôle dans les basses et de headroom dans les dynamiques. La différence est audible mais subtile — le câble 6,35 mm asymétrique donne déjà 90 % du résultat sur une bonne source.

Le HD 660S2 est-il adapté au monitoring et au mixage ?

Il peut servir pour le monitoring grâce à sa précision générale, mais sa signature légèrement chaleureuse dans les médiums le rend moins neutre que le HD 600 ou le HD 560S pour des décisions de mixage critiques. Pour de l'écoute de contrôle et de vérification de détails, il est excellent. Pour un usage mixage/mastering principal, le HD 600 (même marque, même famille) ou un casque à signature plus plate est recommandé.

Les coussinets du HD 660S2 sont-ils remplaçables ?

Oui. Sennheiser commercialise des coussinets de remplacement velours pour la série HD 660, disponibles chez les revendeurs spécialisés. Le remplacement est simple — traction directe sans outil. Des alternatives tierces existent également. La qualité des coussinets influence la réponse acoustique du casque, comme sur toute la série HD 600 — restez sur du velours pour conserver la signature d'origine.

Le HD 660S2 convient-il à l'écoute musicale à haute résolution et au hi-res audio ?

Absolument. Sa réponse en fréquence s'étend de 8 à 41 500 Hz, et la qualité des transducteurs et de la bobine aluminium est taillée pour révéler les différences entre les fichiers standard et haute résolution sur une bonne source. C'est l'un des arguments principaux de ce casque : avec un bon DAC et des fichiers FLAC 24 bits/96 kHz ou DSD, il propose une fenêtre sur l'enregistrement original d'une précision et d'une musicalité remarquables.

Faut-il choisir entre le HD 660S2 et le HD 600 ?

Si votre priorité absolue est la neutralité analytique pour du travail en studio ou du mixage, le HD 600 est la référence historique à ce prix. Si votre priorité est l'écoute musicale longue durée avec plus de profondeur dans les sub-graves et une « musicalité » légèrement supérieure, le HD 660S2 représente l'évolution naturelle. Les deux cohabitent dans de nombreux systèmes d'écoute — pas de mauvais choix dans la série HD 600.

Le Sennheiser HD 660S2 convient-il au gaming ?

Il fonctionne pour le gaming sur PC avec une sortie casque correcte. Sa scene sonore precise et ses mediums expressifs rendent les voix et ambiances immersives. En revanche, le manque de punch des basses par rapport a un casque ferme le rend moins visceral sur les jeux d'action, et sa conception ouverte impose un usage en espace calme. Pour un gamer qui privilege la precision spatiale sur le punch, c'est un excellent choix avec DAC/ampli dedie.